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21 août 2026
5 minutes

Rentrée 2026 : les entreprises françaises entrent en zone de turbulences

Délais de paiement, défaillances et dynamisme entrepreneurial : à fin juillet 2026, les indicateurs ELLISPHERE témoignent de tensions croissantes pour les entreprises françaises.

Délais de paiement qui repartent à la hausse, défaillances toujours plus nombreuses et renouvellement du tissu entrepreneurial en net recul : à fin juillet 2026, plusieurs indicateurs suivis par ELLISPHERE se dégradent simultanément. Pris ensemble, ils témoignent d’un environnement économique sous tension et d’une prudence accrue des entreprises françaises.

Après plusieurs mois durant lesquels certains signaux semblaient s’améliorer, juillet marque un changement de dynamique. Le retard moyen de paiement repart à la hausse, les défaillances demeurent à un niveau historiquement élevé et l’Indice de Dynamisme Entrepreneurial (IDE) tombe à 1. Dans un contexte économique et géopolitique toujours incertain, les entreprises semblent plus que jamais soucieuses de préserver leur trésorerie et de limiter leur exposition au risque.

Délais de paiement : l’amélioration du premier semestre marque le pas

Premier signal : les comportements de paiement.

Après une nette amélioration depuis le début de l’année, le retard moyen de paiement des entreprises françaises remonte à 16,54 jours à fin juillet 2026, contre 15,25 jours à fin juin. Cela représente une dégradation de 8,5 % en seulement un mois.

La situation reste néanmoins meilleure qu’un an auparavant, puisque le retard moyen atteignait 17,87 jours en juillet 2025.

Comportements de paiement Fin Juillet 2026 evolution retard paiement moyen sur4ans

Cette remontée s’accompagne d’un phénomène intéressant : la proportion de factures réglées à échéance continue de progresser. Autrement dit, davantage d’entreprises paient à temps, mais celles qui paient en retard mettent désormais plus longtemps à honorer leurs factures.

Cette évolution rappelle combien les comportements de paiement constituent un indicateur à suivre dans le pilotage du risque crédit. Une détérioration progressive des retards peut notamment révéler des tensions de trésorerie avant même qu’une entreprise ne rencontre des difficultés plus importantes.

TPE, PME, ETI et grandes entreprises : des situations contrastées

Toutes les entreprises ne sont pas exposées de la même manière.

Les TPE restent les meilleures payeuses, avec 71,31 % de leurs factures réglées à échéance à fin juillet. Cette proportion progresse, mais leur retard moyen augmente parallèlement de 5 % en un mois. Or, les petites structures disposent généralement de moins de leviers pour absorber un choc de trésorerie. Lorsqu’une TPE commence à différer ses règlements, une attention particulière est recommandée.

Du côté des PME, 44,16 % des factures sont réglées à échéance. Cette proportion tombe à 26,03 % pour les ETI et atteint 37,38 % pour les grandes entreprises.

Comportements de paiement Fin Juillet 2026 evolution comportements paiement TPE

Ces écarts rappellent qu’un indicateur national ne suffit pas à apprécier précisément le risque. Taille de l’entreprise, secteur d’activité et évolution individuelle des habitudes de paiement doivent être observés conjointement.

Des tensions particulièrement marquées dans certains secteurs

Les disparités sont également importantes selon les secteurs d’activité.

À fin juillet, le commerce et la réparation automobile affichent le retard moyen le plus faible, à 11,39 jours. Ils sont suivis par l’industrie manufacturière à 12,25 jours et l’agriculture, la sylviculture et la pêche à 12,84 jours.

À l’autre extrémité, plusieurs secteurs dépassent largement la moyenne nationale de 16,54 jours :

  • les arts, spectacles et activités récréatives : 18,46 jours ;

  • l’hébergement-restauration : 19,47 jours ;

  • la santé humaine et l’action sociale : 19,55 jours.

Comportements de paiement Fin Juillet 2026 retard paiement moyen par secteur

La situation de l’hébergement-restauration appelle notamment à la vigilance. Son retard moyen atteint 19,47 jours à fin juillet, contre 18,61 jours à fin juin. Sur le périmètre CHR étudié par ELLISPHERE, 9 809 défaillances ont par ailleurs été recensées sur douze mois, soit une progression de 8,3 % sur un an.

La construction constitue un autre point d’attention : le secteur enregistre une hausse de 8,1 % de son retard moyen entre juin et juillet.

Près de 72 000 défaillances d’entreprises sur douze mois

Le deuxième signal concerne les procédures collectives.

À fin juillet 2026, 71 694 entreprises ont fait l’objet d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire au cours des douze derniers mois, soit une hausse de 5,2 % par rapport à l’année précédente.

Le rythme de progression ralentit, mais le niveau des défaillances reste historiquement élevé.

Evolution nombre def 10ans

À titre de comparaison, 54 714 procédures avaient été enregistrées en 2023, puis 64 569 en 2024 et 69 570 en 2025. À fin juillet 2026, le cumul sur douze mois atteint donc 71 694 défaillances, confirmant le maintien des procédures à un niveau particulièrement élevé.

Le phénomène possède également une dimension sociale importante : 293 544 emplois sont aujourd’hui menacés par ces défaillances sur douze mois glissants.

Les TPE concentrent 86,7 % des entreprises défaillantes. Mais les conséquences les plus importantes sur l’emploi se retrouvent notamment parmi les entreprises de plus grande taille : les PME concentrent 148 997 emplois menacés, tandis que les ETI en représentent 57 666, en hausse de 63,8 % sur un an.

Des évolutions régionales très contrastées

La progression des procédures collectives n'est pas homogène sur le territoire.

Carte def par region

À fin juillet 2026, sur douze mois glissants, plusieurs régions affichent des hausses importantes. Les Pays de la Loire enregistrent notamment +12,2 %, devant Provence-Alpes-Côte d’Azur (+9,2 %), le Centre-Val de Loire (+7,7 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (+7,2 %).

À l’inverse, certaines régions connaissent un recul, notamment la Normandie (-6,4 %) et la Corse (-3,2 %).

Ces différences territoriales soulignent la nécessité de compléter les indicateurs nationaux par une analyse plus fine des écosystèmes économiques locaux.

L’Indice de Dynamisme Entrepreneurial tombe à 1

Le troisième signal est plus structurel : le renouvellement du tissu entrepreneurial français ralentit fortement.

L’Indice de Dynamisme Entrepreneurial (IDE) d’ELLISPHERE rapporte les créations aux disparitions de sociétés commerciales. À fin juillet 2026, il tombe à 1, contre 1,2 fin 2025.

Sur les douze derniers mois, 273 458 sociétés commerciales ont été créées tandis que 267 981 ont disparu. La France crée donc désormais quasiment autant de sociétés commerciales qu’elle en perd.

Ide hexagone historique

L’évolution résulte d’un effet de ciseaux : les créations ralentissent tandis que les disparitions progressent.

Cette dégradation concerne par ailleurs toutes les régions. La Bretagne et les Hauts-de-France conservent la meilleure dynamique entrepreneuriale avec un IDE de 1,2, tandis que Provence-Alpes-Côte d’Azur reste sous le seuil de renouvellement avec un IDE de 0,9.

Paiements, défaillances et IDE : trois indicateurs à lire ensemble

Pris séparément, les comportements de paiement, les procédures collectives et le dynamisme entrepreneurial mesurent des phénomènes différents. Leur évolution simultanée fournit néanmoins une lecture plus complète de la situation économique.

À fin juillet, trois chiffres résument cette dynamique :

16,54 jours de retard moyen de paiement ;
71 694 défaillances sur douze mois ;
un IDE de 1, soit presque autant de créations que de disparitions de sociétés commerciales.

Il ne s’agit pas nécessairement d’un décrochage généralisé de l’économie française. Ces indicateurs témoignent néanmoins d’un environnement dans lequel les entreprises disposent de moins de visibilité et semblent privilégier davantage la préservation de leur trésorerie et la maîtrise des risques.

Pour les directions financières et les professionnels du risque client, cette situation renforce l’importance d’une information économique fiable, actualisée et contextualisée. L’analyse des comportements de paiement, de la situation financière, des procédures collectives et de l’environnement économique d’un partenaire permet de détecter plus rapidement les signaux faibles et d’objectiver les décisions.

Dans une période d’incertitude, l’enjeu est plus que jamais d’anticiper plutôt que de subir.

Les chiffres clés à retenir

  • 16,54 jours de retard moyen de paiement à fin juillet, contre 15,25 jours à fin juin ;

  • 71 694 défaillances sur douze mois, soit +5,2 % sur un an ;

  • 293 544 emplois menacés ;

  • 18 451 défaillances dans le BTP, soit 26,4 % du total ;

  • 9 809 défaillances dans le CHR ;

  • IDE national à 1, contre 1,2 fin 2025 ;

  • 273 458 créations pour 267 981 disparitions de sociétés commerciales.

Focus Éco ELLISPHERE

Les comportements de paiement des entreprises à fin juillet 2026

Découvrez les dernières tendances et les principaux indicateurs sur l’évolution des délais de paiement des entreprises en France.

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